Les premiers tests de Steel Battalion : Heavy Armor, qui se révèle ne pas être une suite de Steel Battalion, voient le jour et confirment nos craintes. Lors d’un précédent article (lien ici), nous étions revenus sur le cas de Steel Battalion 1er du nom qui semblait se poser comme un jeu intéressant de par sa capacité à nous faire appréhender une philosophie du touché. À la suite de cela, nous avions manifesté quelques réticences quant à l’utilisation principale du dispositif Kinect pour le 2nd opus. Les réponses aux questions que nous nous étions posées ne se sont pas fait attendre puisque concernant le dispositif Kinect, une fois de plus, celui-ci vient confirmer qu’il n’est pas destiné à tout type de jeux. Ainsi, c’est de nouveau la distinction entre « game » et « casual game » qui s’en trouve renforcée et qui maintient, a fortiori, la fracture « ludicosociale » entre « Hardcore gamer » et « casual gamer ».  De fait, notre question, qui portait sur l’adaptation de Kinect au jeu ou du jeu à Kinect, trouve aussi sa réponse. En effet, le jeu reste défini comme « Harcore game» et ne se révèle finalement pas être si mauvais en soi mais faudrait-il encore pouvoir y jouer car Kinect, resté sur une approche « casual », ne le permet pas. Les termes : injouable, inaccessible, hasardeux, approximatif, rigide, inconfortable, etc. viennent clairement indiquer que la question de l’adaptation ne s’est même pas posée pour le studio  From Software et Capcom.
D’autre part, concernant la dimension philosophique de cet opus, celle-ci semble irrémédiablement s’être évaporée avec la perte totale du gameplay. S’il reste quelque chose d’une phénoménologie du corps dans ce jeu, cela ne se situe que sur un plan presque pathologique. En effet, sans rien toucher, dépossédé de toute sensation par le touché insensible propre à Kinect, le corps se retrouve à la fois placé dans l’absence mais fait, néanmoins, l’épreuve de la difficulté et de la désagréable sensation de ne pas avoir le contrôle de ses membres. Ainsi, l’on comprend aisément que le joueur soit amené à capituler face à cette expérience de jeu presque parasomnique, où Kinect lui ferait goûter à l’hallucinose et/ou l’algohallucinose relatives au syndrome du membre fantôme. Par conséquent, bien que fort désagréable, ce jeu semble tout de même réaliser quelque chose de très intéressant, philosophiquement parlant, puisqu’il paraît parvenir à plonger le joueur dans une forme d’expérience d’amputation, avec les difficultés psychosomatiques qui peuvent y être relative. De fait, l’on peut se demander si, dans ce cas précis, Kinect ne constitue pas une déstructuration du schéma corporel psychique du joueur.

SBHA

Voici quelques un des commentaires extérieurs sur le jeu.
Sur jeuxvidéo.com : ici
« Substituer Kinect au gargantuesque pad original de Steel Battalion semble être, à n'en pas douter, une excellente idée. Semble seulement, car en pratique, From Software a littéralement saboté le travail avec une reconnaissance des mouvements catastrophique, parfois plus ou moins efficace sans raison apparente, d'autres fois totalement et irrémédiablement à la ramasse. Dommage, l'idée avait du bon et l'immersion qui se dégage des rares séquences jouables donne envie. Mais on ne peut absolument pas cautionner un jeu dont les commandes fonctionnent quand elles en ont envie sous prétexte que l'idée est audacieuse. Maîtriser une interface complexe et se battre avec sont deux choses différentes. ». Note 5/20
Sur gamekult.com : ici
« L'angoisse du pilote d'avion en plein décrochage, quand plus rien ne répond : c'est sans doute la sensation qui vous étreindra aux commandes de Steel Battalion Heavy Armor, un jeu sans doute pétri de bonnes intentions, mais même pas jouable correctement au final. Sans doute que Kinect n'est pas assez mature (ou fiable) pour un titre hardcore d'une telle complexité, mais peut-être aussi que From Software et Capcom sont tout aussi fautifs, en choisissant un gameplay sans concessions alors que la jouabilité hybride n'était clairement pas faite pour ça. Bref, autant passer son chemin en espérant un patch de configuration, avec une compatibilité manette plus poussée, si tant est qu'il soit prévu. Sinon c'est le crash. ». Note 3/10 – Mauvais (Pas une infâme bouse, tout simplement un mauvais jeu. Les quelques efforts sont visibles mais loin d'être suffisants pour justifier un achat, tant le plaisir de jeu est aux abonnés absents).
 
Je vous renvoie aussi au vidéo test du jeu proposé par la chaîne Nolife, dont les conclusions vont dans le même sens.
 
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